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Vœux 2020 de Pays d’Aix Associations : Discours de la Présidente, Patricia Alloin-Aubanel

 Vœux 2020 de Pays d’Aix Associations

Mercredi 29 janvier 2020
Discours de Patricia Alloin Aubanel

Madame, la représentante du Maire d’Aix en Provence,
Mesdames et messieurs les élus d’Aix et du Pays d’Aix,
Madame et Monsieur, les députés,
Mesdames et messieurs, conseillers régionaux,
Mesdames et messieurs, conseillers départementaux,
Mesdames et messieurs, partenaires de la vie associative du Pays d’Aix,
Mesdames et messieurs, présidents et membres engagés dans vos associations,

Soyez toutes et tous les bienvenus dans la Maison de la Vie Associative du Pays d’Aix !

Période préélectorale, oblige, je serais la seule à m’adresser à vous ce soir.
J’ai donc décidé de saisir l’opportunité, et de prendre le temps d’insister sur les fondamentaux, sur le contexte sociétal dans lequel nous évoluons dorénavant et sur les défis que se présentent à nous… Présentation qui me parait nécessaire dans un contexte d’opulences en propositions, promesses électorales.

Mais avant tout :
Au nom du Conseil d’Administration et de l’équipe des salariés de Pays d’Aix Associations, je vous souhaite une belle et heureuse année 2020.
Que les valeurs que nous défendons si âprement au quotidien : l’engagement, la générosité, la solidarité, le partage et l’inventivité soient toujours au cœur de nos actions, de nos combats et de nos rêves.

Pays d’Aix Associations est la Maison de la Vie Associative d’Aix-en-Provence et du Pays d’Aix, depuis 30 ans.
Depuis 30 ans cette maison est engagée à vos côtés pour défendre ces valeurs, qui font la force et la beauté de nos vocations.
Ainsi, après 30 années d’existence, il est grand temps de considérer cette Maison comme un acteur important voire fondamental du développement de notre territoire, de porter sur elle un nouveau regard, et de lui renouveler notre confiance dans sa capacité d’apporter un éclairage sur le fait associatif, de rendre lisibles les expériences positives, d’être le développeur et le transmetteur de ces pratiques.
Grâce à la proximité qu’elle entretient avec les associations, elle est un observateur engagé, capable d’évaluations et de propositions.
Refuser de reconnaitre son expertise et sa capacité d’actions, c’est refuser de voir que le monde change.
Lui refuser cette place d’acteur stratégique, c’est commettre une grave erreur.
Je rappelle, si besoin est, l’urgence dans laquelle notre société se trouve. Cette urgence nous révèle que notre plus grand défi réside dans la capacité et la volonté de nous mobiliser. Tous les acteurs du territoire doivent désormais travailler ensemble pour définir ensemble, les grands enjeux et trouver ensemble, les solutions.
Cette mobilisation doit être globale pour garantir des solutions durables et acceptées par tous.

Que représente la vie associative et pourquoi son soutien doit-il être au cœur des préoccupations de notre société ?
La Vie Associative a une action globale dans la vie de nos concitoyens, elle est le reflet de la Société Civile organisée.
Elle est une des trois composantes du Développement Durable, avec les Pouvoirs Publics et les Entreprises.
La Vie Associative favorise les liens entre les habitants. Elle structure les territoires urbains et ruraux.
Elle apporte des services adaptés et des animations de proximité répondant aux besoins et souhaits des habitants, en complément des Services Publics et des acteurs économiques.
La Vie Associative participe à la vitalité et au développement social, économique, environnemental, démocratique, et d’emplois des territoires.
Elle permet l’implication de tous, facilitant la mixité sociale et intergénérationnelle et la pratique d’une citoyenneté active, renforçant le sentiment d’appartenance à la société et la cohésion sociale.
Elle constitue un outil de participation citoyenne complémentaire à notre démocratie représentative.
Les associations développent des actions économiques décisives sur les territoires. Elles sont génératrices d’emplois, non délocalisables, combinant les capacités de salariés compétents et de bénévoles engagés, pour le bien commun.
Les Associations structurent les relations humaines en apportant solidarité et engagement dans un esprit de convivialité et de fraternité.
Les Associations, en favorisant les rencontres, les échanges, le débat et la confrontation, participent à l’ouverture à l’autre et permettent de faire vivre la Démocratie, la Liberté d’Expression et la Laïcité au quotidien.
Elles sont toutes actrices du bien commun. Elles sont par conséquent, les partenaires essentiels dans l’élaboration, la mise en place et le suivi des politiques et des actions publiques.

Et pour preuve :
Qui nous accompagne dans notre développement et notre bien être intellectuel et physique ?
Qui accompagne ceux sortis du système, en grande difficulté vers la réintégration sociale et professionnelle ?
Qui fait de nous des citoyens actifs et responsables par cette prise de conscience de la nécessité du respect de l’autre et de soi-même ?
Qui fait de nous des entrepreneurs engagés, solidaires, et conscients ?
Qui nous apprend à nous dépasser, à nous surpasser ?
Qui nous aide dans nos combats au quotidien face à la maladie, le handicap, l’illettrisme ou l’exclusion ?
Qui nous apprend à comprendre la beauté, la richesse extraordinaire de la création, et l’immense capacité humaine à transformer la difficulté en bonheur de la réussite ?
Qui nous apprend la solidarité, la générosité, la compassion et l’altruisme ?
Qui nous permet de nous battre et défendre nos projets et nos idées ?
Qui nous apprend à travailler ensemble, dans le respect de la diversité des opinions ?
Qui nous permet de conserver l’espoir dans un monde meilleur ?
Les associations, les associations et toujours les associations,
Parce qu’elles portent en elles toutes les passions, les croyances sincères et la puissance infinie dans l’espoir en ce que l’homme a de meilleur.
La citoyenneté qui se révèle dans les associations est puissante, audacieuse, entreprenante, libre et innovante.
Elle est un moteur inépuisable pour des femmes et des hommes qui refusent le fatalisme, la peur ou le pessimisme.

Face à cette vérité, le monde change.
Les attentes et les inquiétudes évoluent à la vitesse de la diffusion de la connaissance et de l’information.
Plus personne ne peut prétendre ne pas savoir.
Les défis se présentent à nous et nous devons répondre aux grands enjeux sociaux, économiques et climatiques.
Quel monde voulons-nous pour nos enfants ? Un monde plus humain, plus équilibré et plus responsable ?
Face à ces grands enjeux sociétaux, il nous faut trouver des solutions durables. Il nous faut inventer le monde que nous voulons. Nous sommes nos propres acteurs du changement. Et c’est bien ensemble, que nous trouverons des solutions. Pour cela, notre plus grand défi, est d’apprendre à travailler ensemble.

La coopération et la co-construction sont les seuls leviers de solutions durables et pérennes.
La démocratie représentative, qui garantit le respect de l’autre et des lois, doit évoluer pour s’adapter aux nouvelles réalités de la vie. Désormais, elle doit reconnaître l’expertise de ses concitoyens et s’enrichir de cette démocratie d’usage.
Si le grand défi de nos futurs gouvernants est d’intégrer plus de participation citoyenne dans leur politique, celui des associations n’est pas moindre.

Depuis quelques années, la vie associative vit de profonds changements :

  • Les financements publics se raréfient,
  • L’engagement et les attentes des bénévoles évoluent,
  • Les collectivités territoriales et la puissance publique mettent en œuvre directement des actions longtemps développées par les associations,
  • L’évolution vers une économie sociale et solidaire et de l’entreprenariat social brouille les relations entre entreprises et associations. La création du statut « d’entreprise solidaire d’utilité publique » se base sur une autre façon de penser l’entreprise dans ses relations avec ses salariés, ses clients et ses dirigeants.

Quelles perspectives d’avenir ont alors les associations ? Faut-il y voir une opportunité pour développer de nouveaux partenariats, de nouvelles alliances ? Ou faut-il craindre une mutation de certaines associations vers ce type d’entreprise, et qui délaissera au secteur associatif les activités les moins rentables ?
Face à ces évolutions qui ne relèvent plus de la perspective, mais de la réalité, beaucoup d’entre nous restent dans le déni.
Il faut absolument réagir et agir !

Quelles solutions s’offrent alors à nous ?
J’en reviens alors à mes premiers propos.
Nous devons, avant tout, porter un nouveau regard sur le rôle des associations dans le développement de notre territoire et accepter que les associations, en tant que représentantes de la société civile organisée, aient un rôle fondamental à jouer dans la définition des enjeux du territoire et dans leur mise en place.
Ensuite, et pour ce faire, les associations doivent apprendre elles aussi, à travailler ensemble. La coopération inter-associative permet la mutualisation des projets et des moyens. Mais pour que cette coopération ait du sens, les associations doivent partager les enjeux du territoire et acquérir une vision commune de ces enjeux.
Pays d’Aix Associations a bien compris les grands enjeux de notre société, et les défis face auxquels les associations se trouvent confrontées.
C’est pourquoi, nous tentons d’accompagner les associations vers la réflexion de solutions collectives, au travers d’un accompagnement résolument collectif, avec :

  • les ateliers du dirigeant associatif : pour répondre à des problématiques de gouvernance,
  • les ateliers les solutions sont entre vous: pour trouver des réponses à des problématiques de développement stratégique,
  • et les ateliers Envies d’Alliances: qui ont l’ambition d’apprendre aux associations à mener ensemble des projets autour d’enjeux territoriaux définis ensemble.

Chères associations,
Je me suis adressée directement à vous, en vous incitant à travailler ensemble, à ouvrir vos projets associatifs aux enjeux du territoire dans lequel vous évoluez.
Ces grands enjeux, qu’ils soient sociaux, démocratiques, économiques ou environnementaux tendent à bouleverser profondément nos pratiques, mais démontrent que nos valeurs, elles, sont toujours porteuses d’avenir.
Je parle aussi au nom de la vie associative, au travers de la mission d’accompagnement que joue Pays d’Aix Associations, depuis 30 ans, et du nouveau rôle qu’elle revendique, à l’aube de cette nouvelle décennie, dans le développement et la gouvernance d’un territoire résolument tourné vers plus de participation et plus de mutualisation.
L’ensemble des acteurs qui font vivre ce territoire se retrouve confronté à la nécessité de changement. Nous ne pouvons plus travailler, ni gouverner de la même manière. Car dorénavant nous avons la conscience et la connaissance des conséquences de nos décisions et de nos actions.

Pays d’Aix Association, la Maison de la Vie Associative de ce territoire veut être actrice de ce changement. Elle revendique ce rôle d’intermédiaire.
Mais Pays d’Aix Associations peine à se faire entendre et peine à convaincre, car elle a besoin aujourd’hui, et plus que jamais, d’un soutien politique fort.

Je suis convaincue que les associations et l’engagement citoyen qu’elles expriment, sont au cœur des évolutions sociétales et économiques que nous voulons donner à notre territoire.
L’action associative garantit à la fois la capacité à faire évoluer la gouvernance vers plus de participation, et à faire évoluer un nouveau modèle économique, plus conscient et plus solidaire.

C’est pourquoi, en ce début d’année 2020, je fais un vœu résolument optimiste et collectif :
Je nous souhaite la santé, bien sûr, sinon rien n’est possible, mais aussi la détermination et l’ambition pour partager des projets, des rêves les plus audacieux au service d’une société résolument tournée vers de nouvelles pratiques et d’un Territoire d’Aix-cellence.

Patricia ALLOIN AUBANEL
Présidente