Les Trophées

Lancés à l’occasion des 25 ans de Pays d’Aix Associations, les Trophées de l’Association Exemplaire et Innovante ont pour objectif de mettre en lumière des initiatives associatives du Pays d’Aix remarquables par leur aspect innovant, par la réponse qu’elles apportent à une problématique de société spécifique. Autre critère, la capacité de ces actions à être reproductibles, à essaimer dans le territoire et pourquoi pas dans toute la France.
Le jury de ces Trophées a pour mission de sélectionner une association lauréate pour chacune des catégories proposées : Valoriser et promouvoir l’Engagement Citoyen, Développement Économique et Innovation Sociale et Ouverture à l’International. Un quatrième lauréat, Coup de cœur du jury, complète les associations récompensées. Vous découvrirez tout au long des pages suivantes les Lauréats des années 2015 et 2017, et la qualité des actions qu’elles portent.

L’innovation sociale en réponse aux défis de demain

Ces Trophées organisés par Pays d’Aix Associations s’inscrivent dans une préoccupation constante de trouver de nouvelles réponses aux défis environnementaux, sociaux, économiques de demain. Aujourd’hui plus que jamais, les innovations techniques et technologiques ne suffisent plus, et doivent se coupler avec l’innovation sociale. Celle qui justement apporte des solutions de terrain à ces problématiques de société. La reconnaissance de cette innovation sociale se traduit de plus en plus par la mise en réseau de ses acteurs avec ceux de l’innovation technologique. Entreprises, financeurs, chercheurs, associations… disposent de différents dispositifs aussi bien européens que français pour pouvoir travailler ensemble à des solutions plus ambitieuses.
En Europe, il s’agit d’initiatives comme la plate-forme Social Innovation Europe (partage d’expériences) lancée en 2011, ou encore la publication en 2013 du Guide de l’Innovation Sociale. Ce dernier définit d’ailleurs l’innovation sociale comme « le développement et la mise en œuvre de nouvelles idées (produits, services et modèles) pour répondre à des besoins sociaux et créer de nouvelles relations ou collaborations sociales […] Ces innovations sont sociales à la fois dans leurs finalités et dans leurs moyens ».
En France, il y a eu bien entendu la Loi Hamon sur l’Économie Sociale et Solidaire, votée en 2014. Il y a aussi le dispositif « La France s’engage ». Lancé par François Hollande et Patrick Kanner en juin 2014, ce dispositif récompense des initiatives sociales innovantes, notamment en leur permettant de se développer plus vite, plus grand, grâce à la mise en réseau de tous les acteurs possibles.
L’innovation sociale n’a toutefois pas attendu de tels dispositifs, la recherche de nouvelles solutions à nos problématiques de société n’est pas en soi un phénomène récent. Et depuis 1901 les exemples sont nombreux pour nous rappeler le rôle essentiel joué par les associations. Les services à la personne ? Une initiative associative, aujourd’hui généralisée et ouverte au secteur marchand, et l’un des principaux viviers d’emplois. La fin des sacs plastiques gratuits dans les grandes surfaces ? Testé et généralisé grâce à une association. Les AMAP, ces paniers de fruits et légumes achetés localement ? Idem. Les Restos, la Croix-Rouge, Emmaüs ? Des associations qui ont su promouvoir et structurer la générosité publique. Les mutuelles de santé, la formation continue, l’éducation populaire, le micro-crédit…, tous ces mots aujourd’hui évidents portent la signature des associations, plus largement de l’Économie Sociale et Solidaire.

Les associations, une solution évidente

Vous l’aurez compris, les associations jouent un rôle essentiel pour permettre à la société elle-même de réfléchir, de manière collaborative, à ses problématiques et à ses besoins. Le premier critère pour comprendre cet apport des associations repose sur leur fort ancrage local. Elles ont une connaissance des territoires et des populations, notamment fragiles, que peu de structures peuvent avoir, ce qui leur permet d’identifier réellement leurs problèmes et leurs besoins. Elles sont alors en capacité de rechercher les réponses les plus adaptées, en expérimentant directement sur le terrain ces solutions, et en les ajustant autant que nécessaire. Cette réactivité est un autre atout en faveur de l’innovation sociale des associations. Grâce à leur modèle économique, qui peut largement faire appel à des ressources bénévoles, les associations ont une capacité de réactivité et de souplesse réelle.
Pour Le Rameau (Laboratoire d’idées qui veut promouvoir les relations partenariales, associations/entreprises notamment), le processus d’innovation sociale passe par 5 phases (article paru dans Jurisassociations – octobre 2015). Tout d’abord la conception, donc l’étape où les besoins sont repérés puis analysés, et des solutions envisagées.
Puis vient l’expérimentation, quand ces solutions sont testées de manière empirique, et affinées en fonction des retours terrain. La 3e phase est la modélisation. Il s’agit là de formaliser la solution retenue, décrire ses résultats, en faire une sorte de fiche technique. C’est ce qui permettra ensuite de partager cette solution avec d’autres et la faire émerger à plus grande échelle. La phase de l’essaimage est la première étape de ce déploiement, qui est là porté par l’association ou son réseau. Dans la dernière phase, celle de l’industrialisation, les porteurs de l’action tout comme les bénéficiaires sont plus nombreux, la solution est entrée dans les mœurs.
Les Lauréats de ces premiers Trophées de l’Association Innovante et Exemplaire du Pays d’Aix sont encore loin de la phase d’industrialisation. Nul doute toutefois que les solutions que mettent en œuvre ces associations seront à la hauteur des enjeux !